Véronique ENGELS, une féroce douceur

Quelle belle découverte humaine et artistique ! J'aime la sincérité de l'artiste, sa sensibilité et sa clairvoyance. Egon Schiele et Séraphine (de Senlis) s'invitent par mégarde sur la toile du peintre alors en pleine création. Véronique Engels emprunte la force de l'un et la fausse candeur de l'autre.

L’esthétique et la vivacité des couleurs propres à l'artiste explosent sur les grands formats comme sur les petits, même si le geste y est différent.

Véronique Engels nous transmet à chaque regard sur ses oeuvres une énergie évidente, celle que l'on devine de l'artiste dans son atelier, face à la toile. Des couleurs vives côtoient avec une fausse simplicité des fonds pastel. D'une folie douce, les personnages et les fleurs jaillissent.

Quelle joie d'admirer le travail de Véronique Engels ! Un pur bonheur, une évidence, un petit quelque chose d'essentiel finalement.

Marie Jousse, galeriste

Véronique Engels

Elle a, pour le peu que j'en sais à présent, un beau discours d'utopiste, elle réclame un changement du monde, des mentalités, du langage. (Laissez, au demeurant, le monde rouler dans la pente où il se trouve et il finira par s'écraser). Voilà comment l'artiste pose son ultimatum, son rêve. Rien de moins. Méfiez-vous des gens qui n'exigent que l'étroit et le raisonnable.

Puis, elle a pour elle sa peinture d'hallucinée du coeur, sa peinture d'épatée de la vie, d'amoureuse, de soeur contemplative, de femme spirituelle, florale, aérienne et liée à la terre, son vivant et chaleureux rendu d'une vision profonde et puissante en espérances. Ses qualités expressives. Sa singularité belle et déconcertante, inattendue. Son sens de l'invention, de l'alchimie. Fou ce et ceux qui se rencontrent ici, dans une fécondité énorme, libre, décloisonnée, exorbitante, cosmique, effarante : Archimboldo, Redon, Alechinsky, Séraphine de Senlis, Gustave Moreau, ... Cet univers pictural bannit, semble-t-il, la frontière qui sépare le figuratif de l'abstrait, et s'invente une autonomie séduisante, un espace de liberté au-delà des genres. Cette céramiste, car Engels a plusieurs cordes à son arc-en-ciel, rêve et crée une sorte d’éden chaud et bienfaisant, merveilleusement coloré, vif et apaisant. Je suis évidemment sur le seuil de l'oeuvre. Mais je veux d'ores et déjà en prendre trace dans mes valises mémorielles. Il y a du chant dans cette peinture et je m'en sens comme enivré, vivifié, appelé à réfuter toute sorte de résignation. 

          

   Denys-Louis  Colaux