VERONIQUE ENGELS
Une force agissante pour célébrer l’âme du monde
Si l’âme a une couleur, si la lumière du monde revêt une réalité tangible, c’est dans les oeuvres de Véronique Engels que l’on peut en trouver la quintessence indéniable. Par le chatoiement des pigments, les vibrations colorées, par la puissance des jaillissements, des gestes vifs sur la toile, elle nous fait part de son émerveillement pour la vie. Et c’est contagieux.
Son parcours l’a amenée à traverser différents pays, de l’Inde au Maroc, de la Thaïlande à la Tunisie (où elle expose et séjourne régulièrement, en alternance avec le nord de la France). Elle en revient gorgée de souvenirs et d’émotions, qu’elle sait restituer dans des peintures célébrations. L’esprit polychrome de l’univers, la conscience de l’être sont recomposés dans une alchimie du mouvement créateur toute personnelle.
 Ici, le souffle de l’inspiration se matérialise dans une forme surnaturelle, magique, pour une ode à la vie sans cesse renouvelée.
On la devine nourrie de terrestre et de spiritualité. Elle a le sens du sacré animiste. L’artiste a créé son propre vocabulaire pictural : un langage qu’on sent presque incontrôlé, qui explose en gerbes multicolores, en coulures vives, noires ou rouge vif, traçant d’étonnants hiéroglyphes de l’universel et de l’intemporel, traduisant l’immarcescible et permanente beauté du monde…
Les oeuvres de Véronique Engels sont des illuminations, au sens rimbaldien du terme. Elle sait se faire « voyante ». Une vision sublimée de ce qui nous entoure, débarrassé de tout ce qui fait écran entre notre coeur et le coeur du monde. Elle rétablit le lien perdu entre les différentes forces agissantes de la création, dans un travail à la lisière de l’abstrait et du figuratif, entre un expressionnisme foisonnant et un art brut au lyrisme réinventé. La toile est souvent grattée, frottée, effacée, la matière abonde, rendant compte du foisonnement de la vie.
Ses personnages accomplissent le miracle d’être à la fois éthérés et irrésistiblement ancrés dans le tellurique, la matière. Ils ont la légèreté des êtres légendaires, esprits en apesanteur sans pieds pour les relier au sol, aux contours irradiants, aux auras rayonnantes ; cependant, leur caractère concret, terraqué, comme des ébauches échappées de la Création primordiale, ne fait aucun doute. L’esprit se fait matière quand le souffle passe, enthousiasmé au sens premier (inspiré par une source surnaturelle).
Véronique Engels rend compte de l’harmonie du monde, de la beauté de la nature (les fleurs, les arbres sont de plus en plus présents dans ses grandes oeuvres récentes), de sa pureté, loin des rumeurs toxiques et la tempête de nos temps. C’est une oeuvre salutaire, à l’énergie salvatrice et nécessaire.
Cette pureté, elle l’exprime aussi dans ses imposantes céramiques sphériques, aux allures de planètes idéales, terres de contrastes, où tout coexiste en harmonie, des cicatrices aux étendues apaisées.
Tant d’énergie positive, tant d’émotions transmises d’un coeur – celui de l’artiste – à l’autre – le nôtre, spectateur – ; il serait inconscient de passer à côté. C’est une occasion fascinante de percer l’insondable mystère du monde et les profondeurs de l’âme humaine.
Jean-Henri Maisonneuve
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